Cette année…

J’ai conduit à gauche, le cri de l’ibis a remplacé le chant du muezzin, j’ai mangé des kilos de biltong, j’ai reçu des balles de golf perdues, vu la lumière, des palettes de rose dans le ciel, j’ai photographié des murs colorés, des maisons hollandaises, été invitée à des barbecues de compétition, dormi dans des lodges Out of Africa, vu des routes pleines de minibus, des minibus pleins de travailleurs, déchanté devant les townships, pleuré à Soweto, des orages foudroyants sont tombés sur nos têtes, je me suis levée tôt, j’ai perdu mon mari tous les soirs à 21h, j’ai bu le vin des Huguenots, j’ai parcouru 5 000 km, découvert des parcs animaliers de folie, entendu rugir un lion, barrir un éléphant, j’ai compris qu’une maison orientée plein nord était un atout, rêvé sous la Croix du Sud, mangé du cheddar comme si c’était du fromage, j’ai caressé un lionceau, cohabité avec des bêtes à poils non désirées, découvert de nouvelles espèces volantes, j’ai creusé ma ride du lion en attendant des techniciens en tout genre, j’ai révisé l’histoire de l’ANC, suis tombée en pâmoison devant les couleurs de l’automne, ai déballé 300 cartons, me suis sentie petite, j’ai plusieurs fois manqué tailler un short aux marchands ambulants, j’ai eu froid chez moi, j’ai vu des springboks et les Springboks, j’ai vu les yeux émerveillés de mes enfants dans la brousse, j’ai entendu parlé zoulou, xhosa, tswana, j’ai regretté mes amis, j’ai rencontré de belles personnes, des sourires, des visages, des figures, j’ai foulé la péninsule du bout du monde, l’Espérance…

Cette année, j’ai vécu en Afrique.

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Bush Break #5 * Marakele National Park

 

Dans un environnement montagneux, au nord de Johannesburg mais au sud-ouest de la biosphère du Waterberg, le parc du Marakele offre un panorama rougeoyant digne des grands parcs américains ! Il abrite les plus grands animaux d’Afrique, notamment les deux espèces de rhinocéros. Mais surtout ! surtout ! on peut juste s’y poser en douceur, en logeant dans un petit camp de tentes de safari pleines de charme comme au temps des explorateurs. Une vraie petite maison en toile de tente kaki bien épaisse, avec moult fenêtres, moustiquaires, sol en bois, douche aérée et cuisine extérieure  sur le petit deck en bois. Face à la majestueuse montagne, en surplomb d’une pièce d’eau où les antilopes et les éléphants viennent se rafraîchir, rien ne manque, surtout pas la grille pour le braai où faire griller les saucisses au coucher de soleil. Le tout pour un prix mini. Bonheur !

Marakele National Park  – Tlopi Tented Camp

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Bonne fête, papa

Un jour comme celui-ci, on serait venu déjeuner sur la longue table verte du jardin, déplacée près du saule pleureur. Prémices de l’été et des longues soirées. On aurait beaucoup et bien mangé, bu des grands crûs, parlé de rugby, des élections, des enfants. Tu les aurais envoyés chercher quelque chose dans le potager, leur aurais dit ne pas trop se pencher au-dessus de la mare poissonneuse. Tu aurais aimé l’Afrique du Sud, ses grands espaces, ses grands gaillards, ses grandes espérances. Tu n’auras pas su qu’on a vécu à Dubai. Ni que les enfants affectionnaient tes doses de grenadine bien sucrées.

Bonne fête, papa.

 

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La nuit je n’aime personne, je dors

 

Quelqu’un peut-il m’expliquer ce qui fait des Afrikaners des durs au mal ?

Des gens qui n’hésitent pas à faire du sport à la force du poignet – retourner 17 kg de boerwors (saucisses du crû) chaque semaine sur des charbons ardents est du boulot – ET à expier le gras emmagasiné le week-end dès le lundi matin 5h du matin dans l’une des salles de sport qui essaiment toute la banlieue de Johannesburg. Lieu dont le pic de fréquentation est, roulement de tambours, de 5:30 à 6:30. L’heure à laquelle – avant de venir vivre dans ce pays – je ne me levais qu’accidentellement (ou, éventuellement, pour prendre un avion). 

Des gens qui mettent DE LEUR PLEIN GRÉ leur réveil à 4:30 pour aller soulever de la fonte, faire des entrechats ou plonger dans l’eau chlorée avant le lever du jour et d’enquiller 1h30 de bagnole + une journée de boulot auraient-ils quelque chose à se faire pardonner ?

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Ah, tu voulais des saisons…

 

Froid / Nom masculin. Température basse de l’atmosphère, de l’air ambiant. Comme certaines plantes, certains humains ne supportent pas le froid. 

J’en suis.

Depuis 2013, à l’exception de quelques séjours glaçants en France aux périodes de Noël que la promesse de foie gras et Sauternes rendait acceptable, le seul froid que j’ai connu était dégagé par l’ouverture de la porte de mon frigo. Dans un pays où les thermomètres sont bloqués à 50 degrés pour ne pas décourager le chaland (et accessoirement permettre à celui-ci de poursuivre sa tâche sans s’en plaindre), le froid était artificiel. Sous forme de climatisation ou de fausse neige.

Alors depuis quelques semaines notre douce entrée dans l’automne est, disons, marquante et perturbante. La lumière est sublime, le ciel d’un bleu franc, les couleurs mordorées… quand il fait 20 degrés et que le soleil donne. Mais quand il se couche, c’est une autre histoire. 

Je me gaussais des hommes des pays chauds qui à 25 degrés à l’ombre mettaient un bonnet… ahha. Ici je dors avec des chaussettes.

Bienvenue dans vos premières maisons simple vitrage, sans chauffage, sans cheminée, avec bouillottes conseillées. 

À la droguerie du coin, il y en a de toute sorte : en fourrure, en laine, à rayures, en forme d’animaux, sobres, flashy… une vraie collection automne/hiver digne d’une fashion week (la mode, on en reparlera plus tard).

Au Lesotho on avait testé les couvertures chauffantes avec circonspection (et si ça prend feu ? On est quand même dans un pays qui n’est pas hyper familier avec l’électricité). Je crois que ça fait quand même le bonheur de quelques familles de mon entourage. Vous trouviez les vestes polaires hideuses et réservées aux safaris de 5h du matin ? Ne vous avisez pas de débarquer à l’improviste chez quelqu’un un soir d’hiver. Vous pourriez vous brûler la cornée. À 18h, le petit top trendy du jour a cédé la place à la Quechua ou au pyjama en pilou. Le mythe du chic à la française s’effondre.

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Sawu bona, Zululand !

 

L’océan indien, un estuaire sauvage peuplé de crocodiles et hippopotames, des champs de bataille des guerres anglo-zouloues menées par le célèbre Shaka Zulu… Cap sur le KwaZulu Natal, situé au sud du Swaziland et du Mozambique.

Ce bout de côte sauvage fut découvert en 1497 par l’explorateur portugais Vasco de Gama. Mais l’âme de cette région est zouloue. Deuxième province la plus peuplée du pays (dix millions d’habitants, dont 80% parlent l’isiZulu comme langue maternelle), le KZN – pour les intimes – offre des paysages grandioses et sauvages à couper le souffle. On se croirait dans l’Ouest américain, dans l’outback australien, n’importe où où la nature est phénoménale et l’homme minuscule.

Ode au rhinocéros en terre zouloue

La plaine qui s’étend sur la cote nord-est du Maputaland (la région qui forme la pointe au nord-ouest du KZN) abrite plusieurs réserves, dont celle de Hluhluwe-Imfolozi.
C’est le plus vieux parc d’Afrique du Sud. Fondé en 1895, il était la réserve de chasse des princes zoulous. Un immense espace protégé, avec des collines couvertes de savane. Le rhinocéros blanc est son emblème : menacé d’extinction il y a cent ans, il a été réintroduit dans le parc dans les années 1960 grâce à la politique de sauvegarde et de protection de la nature menée par les autorités du parc.
Tous les Big Five y logent, mais un tas d’autres animaux défilent sous nos yeux, viennent sur le pas de la porte : nyalas, phacochères et babouins… L’un de ces intrépides entrera même dans le salon ! Cette réserve nous a enchantés, par son silence (nul besoin d’être en game drive pour voir les animaux et sentir l’environnement sauvage), et l’immersion totale qu’elle offre dans la nature. Moins fréquenté que le fameux Kruger ou les parcs plus proches de Johannesburg, on s’est un peu sentis seuls au monde. Et ce n’était que le début…
Côté logement, l’avantage du Mpila Camp est son ouverture sur l’extérieur et le fait qu’il ne soit pas grillagé, par contre il ne faut pas être regardant sur la date de création des sanitaires et de la cuisine. Je pense qu’ils n’ont pas été rénovés depuis la mort de Shaka.

 

De l’eau, de l’eau, de l’eau

Le lac St Lucia, dans l’iSimangaliso Wetland Park, classé au patrimoine de l’Unesco, possède la plus importante population d’hippos et de crocodiles du Nil du pays, observables à loisir lors d’une excursion en bateau, le tout sur un fond sonore à faire pâlir d’envie un ornithologue : l’estuaire héberge en effet une myriade d’oiseaux aquatiques.
Le nom de St Lucia remonte à l’époque où les marins portugais naviguaient entre Lisbonne et Goa (Inde). Promesse d’un dépaysement à la touche tropicale… Déjà, revoir la mer, l’océan, dégage une atmosphère différente, vacancière, impression appuyée par la topographie de la ville : des rues calmes, des petites maisons éparpillées dans la verdure, une rue principale – McKenzie Street – animée par des restaurants et bars. Une étape bien cool… mais gare aux hippos qui déambulent la nuit venue dans les rues. Prudence, l’animal n’est pas connu pour son bon caractère.

Wild Wild West

Ithala, là où la girafe règne en maître ! Enclavée dans des collines rocheuses et au relief accidenté, elle peut faire penser à l’Ouest américain (la fille en manque…). Paysages grandioses, plaines immenses dégagées, peu de monde (pour ainsi dire nous étions seuls à l’hôtel – le superbe Ntshondwe Resort)… C’était un peu notre trip Into the wild (mais attention ! avec un verre de Shiraz le soir en sus devant le coucher de soleil). Paradis !

La route qui relie Johannesburg au KwaZulu Natal poursuit le voyage. On traverse des patelins – Charlestown, Standerton – qui ressemblent à des villes fantômes délaissées après le déclin de la ruée vers l’or, qui transpirent l’ennui et parfois les reliquats de la vie sous l’apartheid. Encore une des nombreuses facettes de la vie dans ce grand pays.

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Lesotho, le royaume dans les nuages

 

Cap sur « le royaume dans les nuages », le Lesotho ! Petit pays méconnu qui culmine à plus de 1 400 m d’altitude (80% au-dessus à vrai dire). Enclavé en Afrique du Sud, ce pays sous-estimé aux paysages grandioses et intactes est à des années-lumière de l’Afrique du Sud. Authentique, ce territoire aux habitants touchants et accueillants d’Afrique profonde est un joyau.

Avant de passer la douane en 15 minutes top chrono (ô joie), escale à Clarens, ville qui fleure bon l’Ouest américain. Entourée de montagnes, sous un ciel bleu à se damner, elle est bâtie autour d’une grande place aux abords de laquelle fleurissent des restaurants bon enfant avec tables en bois et bière pression, des brocanteurs hippies et des windmills, moulins à vent emblématiques.

De l’autre coté de la frontière, le pays des Basotho – dont la culture reste très vivace, ses traditions à fleur de peau, pâtres et troupeaux, patelins perdus sans eau ni électricité (seuls 6% des deux millions d’habitants ont l’électricité) effraierait à bien des égards l’homme trop moderne que nous sommes devenus. Et pourtant… il se dégage de ces paysages ancestraux, verdoyants, montagnes à perte de vue, rivières à l’eau pure et ondoyante et huttes installées sur les collines le long de la route un petit air de jardin originel.

Bol de pure nature : notre première incursion nous mène au Ts’ehlanyane National Park, superbe territoire sauvage et accidenté de 56 km2, comprenant l’une des rares forêts endémiques du Lesotho, perchée entre 2 000 et 3 000 m d’altitude. L’occasion de randonnées à flancs de montagne, seuls au monde, avec des enfants ravis de vivre l’aventure (les rivières passées à gué et en culotte reste un souvenir mémorable), balades dans des clairières verdoyantes, cascades toujours en vue sous un ciel « bleu comme un crayon de couleur », dixit Julianne.

Paradis sur terre.

Kia leboa, Lesotho.

 

 

 

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