London calling

 

Pour fêter la dizaine de notre queen Julianne, nous avons roulé sous l’eau.

Elle voulait nager avec les dauphins, c’était moins pratique que de filer à Londres en 2h15. Et puis l’Angleterre, si proche, si lointaine, en Europe et pourtant tellement ailleurs, est une promesse de dépaysement. Ce n’est pas en France que les gens vous tiennent la porte ou laissent leur place dans le métro. Bien sûr, s’agissant d’une première fois pour nos George et Charlotte à nous, nous avons privilégié les incontournables, ceux du centre, et en avant les clichés : après avoir pris 42 photos de cabines téléphoniques, on s’est lassé et avons jeté notre dévolu sur les perrons et les murs colorés de Notting Hill. Après avoir vu Big Ben sous lifting, en bus rouge et être descendu à Picaddilly Circus, nos pardessus de touristes et nous-mêmes sommes allés admirer les étals de Fortnum & Mason, pensant que l’on pourrait boire un thé sans être à découvert. C’était mal connaître l’endroit. À la place on s’est rabattu sur quelque chose de bien plus sympa, abordable et convivial : le pub. Et ce n’était même pas un second choix. Ceux qui me connaissent n’ignorent rien de ma passion pour la purée. À nous la saucisse dans la sauce gravy, la pinte qui titille la prostate dans un décor tout en bois et papier peint William Morris, avec à la table voisine la bande des Peaky Blinders.

On a marché, marché, Joseph a échafaudé un plan pour s’installer ici dès que possible et rêvé devant les trésors d’Harry Potter de la boutique de King’s Cross, Julianne a rêvé devant les rayons de Liberty et les bijoux de la couronne. Buckingham Palace leur a tapé dans l’oeil, le Tower Bridge aussi.

Redécouvrir cette ville vivante et exubérante sous le soleil fut réjouissant. Je n’aime rien de plus au monde que de sillonner de nouveaux endroits en compagnie de ces trois-là.

Longue vie aux clichés !

Publicités
Tagué , , , , , , ,

Quand on arrive en ville

Dites donc, ça fait un bail que je ne suis pas passée par là.
J’ai fait quoi ces deux derniers mois ? Des choses follement amusantes, trouvé un job captivant, pris des cours de cuisine sans gluten (nan je déconne), musclé mes guiboles dans la chaine des puys ? Que nenni ! J’ai déménagé. Ou plutôt emménagé. C’est-à-dire, faire rentrer dans UN appartement un container de 40m3 + la totalité d’un garde-meubles de 56m3, croyez ou non, ça déménage ! Ahaha.
Donc pendant un mois, nous n’avons vu la vraie vie que par l’embouchure du périscope qui émergeait des linéaires de cartons. Ou par la fenêtre si vous préférez, tels des prisonniers dans leur tour de bordel.

Mais le jeu en valait la chandelle : quelle emotion, oscillant sans cesse entre rires et larmes, de retrouver les pots de mes enfants, leurs chaussures de plage en taille 24 (pour vous représenter la chose, aujourd’hui mon fils fait ma pointure), des vêtements dans lesquels je ne devais déjà plus rentrer avant de partir à Dubai il y a cinq ans, des talons de chèques rédigés en francs (juré craché), des courriers de la CAF m’allouant une aide pour la naissance de mon premier enfant (le même qui chausse xxl), tout Friends en VHS, les cassettes audio de mes années Metallica, un milliard d’objets de voyages, tout l’arbre généalogique de Geronimo encadré, une valise pleine d’Equipe 1998 (pour ça, je plaide non coupable – suivez mon regard). Et tellement plus.
Bref, des choses grandement utiles quand on vit au XXIè siècle, vous le réalisez. Tout comme vous aurez compris que j’étais à deux doigts de me jeter sous le tram*. Heureusement, trier, donner, jeter comporte sa part de vertu. Ce qui me lasse peut s’avérer nécessaire à d’autres, et jeter nécessaire à moi-même. Faire le tri dans sa tête aussi pour avancer vers autre chose. Step by step. Dans le fond, je me rends compte que je ne suis pas très multi-tâches.
Ainsi depuis quelque jours, on peut dire que l’on vit dans un appartement redevenu fréquentable. En ville. Sans muezzin ni ibis, mais avec les bois-sans-soif du centre qui jugent bon de chanter sous nos fenêtres à une heure où même en Afrique du Sud personne n’est encore à la gym.
Namaste.
(*mais merci maman)
Tagué , , , , , , ,

La Grèce, bénie des dieux


Mer, montagne et mythologie grecque sous le soleil

Notre sempiternel retour en Grèce aura eu cette année une saveur particulière. Joseph étant féru de mythologie (nul besoin d’un guide pour visiter l’acropole d’Athènes – nous l’avions !), il a rêvé tout éveillé face à ces pierres antiques porteuses d’histoires. Avec un grand H, avec un grand S.

Cette fois nous avons donc conjugué les grands sites culturels de la Grèce Antique et les tavernes de charme aux tables goûteuses et abondantes à l’ombre des figuiers et au son des cigales. Puisque le régime grec est sensé nous rendre éternel ou presque, on s’en donne à coeur joie : feta sous toutes ses formes, salade grecque aux tomates rougeoyantes gorgées de soleil, huile d’olive à se damner, et pain de rigueur pour saucer l’assiette. Et vite, admirer le beau coucher de soleil happé par la mer pour se servir un ouzo.

Il y aura d’abord eu Athènes, son acropole, sa chaleur estivale, ses sandales, ses temples au milieu des oliviers. Au coeur de l’Acropole, le Parthénon, chef-d’œuvre de l’humanité, construit en l’an -438 av. J.-C.en l’honneur d’Athéna, protectrice de la cité et déesse de la guerre et de la sagesse. Classé au patrimoine mondial de l’Unesco, il domine majestueusement la ville et est en constante rénovation. Une immersion dans le berceau de la civilisation.



Puis le Péloponnèse : Corinthe, Epidaure, Mycènes, Monemvassia. Ce territoire montagneux que la Méditerranée nous a livré comme une ode à la beauté.  Où les civilisations grecque, romaine ou ottomane ont façonné le paysage en érigeant quelques uns des plus grands sites du Monde Antique, une plongée dans les grands mythes hélleniques d’Homère, d’Apollon ou du royaume d’Agamemnon. 
Un itinéraire culturel certes, mais ponctué de pauses en terrasse et à l’ombre des oliviers ou des figuiers. Comme à Monemvassia, sublime ville bâtie sur un rocher, aux ruelles ocres pleine de charme.


Enfin, cap sur l’ile de Cythère, chère aux coeurs des Grecs. Des plages aux eaux limpides, sublimes de beauté sauvage.
Des vacances sans montre et empreinte de lumière douce. La Grèce, pays béni des dieux.

Tagué , , , , , , , , , , , , ,

Five years later

Fini le bain de mer à 33 degrés et les rugissements audibles du fond de son lit de camp. Fini les « what can I do for you mam ? », place au « c’est pour quoi ? » avec ton enjoué (sic) de rigueur.

Oui, le retour en France est à bien des égards aussi difficile sur la forme que sur le fond.

All by myself

De retour au bercail vous voilà seule avec vous-même puisque les amis que vous avez gardé de l’époque pré-expatriation triment, eux, les jours de semaine. À 10h15 un mardi, à 11h30 un jeudi vous errez comme une âme en peine dans les rues désertes – ce qui présente quelques avantages pour une épilation sans rendez-vous chez Body Minute.

J’ai rapidement fait une croix sur l’expansion de ma vie sociale grâce à l’école, pourtant haut lieu de nouvelles rencontres en expatriation (la majorité des mères ne travaillant pas devient chauffeur de taxi – j’ai du mal avec l’écriture inclusive, pardon – battant le pavé de l’école 3 heures par jour). Ici la sortie de 16h30 est moins « pump it up » quand tes enfants sont inscrits dans la seule école internationale de la ville dont l’autre caractéristique est d’être adoubée par le pape François. Je n’ai rien contre, si on me fout la paix sur le sujet, autant que je laisse vivre les femmes aux cheveux poivre et sel multi-multipares qui fréquentent les lieux. Il va juste falloir gratter pour trouver des gens avec affinités – mode de vie et mode tout court.

Déjà vu

Tandis qu’à l’étranger tout était nouveau – même la routine qui finissait invariablement par se mettre en place, revenir vivre dans une ville de taille moyenne déjà connue offre quelques moments d’effroi : j’avais beau être partie depuis cinq ans, en deux semaines à peine, j’étais happée dans une faille temporelle comme si j’avais quitté la région l’année dernière. J’ai croisé sans le vouloir toutes les personnes que je connaissais en moins de temps qu’il n’en faut à un Afrikaner pour engloutir un steak de 900 gr ou à Donald Trump pour tweeter un aphorisme. Ce qui n’arrive JAMAIS dans les mégalopoles vous en conviendrez. La vendeuse de Petit Bateau m’a immédiatement reconnue et posé vingt questions sur notre retour quand j’ai franchi le seuil du magasin. On n’était pas copines mais visiblement mon dévouement à faire prospérer l’entreprise de maillots de corps l’a marquée. Outre le compliment qu’elle m’envoyait indirectement (je ressemblais encore à moi-même), elle m’a foutu les jetons. Et quand j’ai reconnu dans la foulée la caissière du Monoprix, j’ai paniqué. Ces cinq ans hors de nos frontières étaient-ils le fruit de mon imagination ?

Une fenêtre sur TV5 Monde

Pendant cinq ans, nous avons échappé à la télévision française. Nous avions TV5 Monde et son exotique météo de tous les pays du globe. Las ! Il aura fallu un été en France pour que mes enfants entonnent à tue-tête les slogans des pubs Carglass et tous les génériques des séries de l’après-midi. Vite ! Reprendre les bonnes habitudes et prétendre qu’avec la box internet on n’a pas les chaînes de télé.

Donc, j’ai beau avoir été connectée aux replays de France Inter, j’ai cumulé quelques lacunes culturelles. Ce n’est ni la musique des radios sud-africaines (voyage immédiat au temps de mes dix ans, à base de Modern Talking et A-ha), ni les programmations ciné de Dubai (X-Men 17) qui auront contribué à une remise à niveau. Je vais me venger, j’irai au cinéma en semaine à la séance de 11h, puisque je n’ai que ça à faire.

Travailler, c’est trop dur

Car oui, c’est là le quatrième point. Selon la légende, la femme d’expat (d’inpat – terme barbare adéquat désignant le retour au pays d’origine) ne fout rien. N’aurait-elle pas passé des années à profiter de son pays d’accueil en se tournant les pouces, entre déjeuners de filles, yoga et shopping dans les malls ?

Et c’est une inadaptée qui fait parler dans les diners en ville : « elle n’arrivera jamais à vivre dans un appartement de 100m2*, qui plus est sans femme de ménage ! », « coté boulot, elle a bien créé deux trois choses mais c’est un hobby, pas un job, hein ! »

* précision : en l’occurrence, oui, c’est vrai, je n’arriverai pas à vivre dans un appartement de 100m2 avant d’avoir liquidé la moitié de ma vie Ikea sur Le Bon Coin

 

RV_Pole-Emploi

 

Et pourtant…

{attention, séquence d’auto-promo}

Sans travailler ou si peu, je me suis enrichie. J’ai développé une capacité d’adaptation unique et insoupçonnée, j’ai réussi à nouer des amitiés solides mais aussi à sociabiliser en deux temps trois mouvements (merci à celles et ceux qui sont venus vers moi en premier !). J’ai fait preuve de souplesse et, évidemment, de curiosité.

Ça, je le jure, restera gravé en moi, et je tâcherai d’y penser quand le blues de hiver qui dure huit mois s’emparera de moi. Je songerai à tous mes souvenirs d’ailleurs scintillants et à tous ceux qui brilleront bientôt.

* Tout comme je me réchaufferai le corps et l’esprit en pensant à tous les plats de fromages qui m’attendront quelque part et en chantant fort Jean-Louis Murat

 

sunset_Sandton

sunrise_cathédrale

Et quand on y réfléchit, cette couleur folle à l’horizon, elle était là-bas et elle est ici.

Tagué , , , , ,

Siyobonga, South Africa !

 

Partir…

et ne plus se lever avec la lumière radieuse, se pâmer quotidiennement devant des couchers de soleil hors du commun, pister les animaux dans la brousse, entendre les gazouillis enchanteurs d’oiseaux exotiques devenus familiers, écouter Saba Kufa à la radio, sourire à la vendeuse de balais au feu rouge, suivre les bakkies chargés de travailleurs, entendre parler 13 langues, faire de plan sur la comète pour les prochaines vacances africaines, manger chez Tasha’s, chiner chez Amatuli, sentir l’odeur du feu de bois, s’asseoir autour du boma, fouler la terre rouge. Laisser derrière soi les amis. Et ne plus être ailleurs, tout simplement.

J’ai rêvé longtemps de l’Afrique. Elle a pu quelquefois me désarçonner mais je n’ai jamais sous-estimé sa magie.

#fermerlaparenthèse #findenotrevieinternationale #timetomoveon

 

Tagué , , , , , , , , , , ,
Publicités
%d blogueurs aiment cette page :