Soweto

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Soweto… Un nom qui évoquait tellement de choses, de sentiments mêlés, des vies si lointaines de la mienne. Allais-je découvrir un quartier, un no man’s land, des gens désoeuvrés, du dynamisme et de la créativité  ?

Un peu tout à la fois en réalité. Il y aurait entre trois et quatre millions d’habitants à Soweto. Une ville à part entière. L’essence de l’âme africaine. Des quartiers populaires où les mineurs s’installèrent lors de la découverte de l’or, des marchés africains, des engagements politiques. Et une réalité sociale : les townships. Rien de vertical, tout horizontal : des milliers de petites demeures à perte de vue. Allant de la cahute en tôle sans eau courante, aux banlieues bourgeoises de Diepkloof dominant d’anciens baraquements pour célibataires (à l’époque les mineurs ne vivaient pas avec les femmes), en passant  par les maisons modestes et les logements neufs mis en place par le gouvernement pour reloger les familles – celles qui ont le bras long. Les gens vivant avec leurs animaux, chèvres et vaches, côtoient la middle class. Tous aspirent à vivre dans le calme et la sécurité, après un passé violent et radical.

Orlando, le quartier le plus connu, fut la pépinière de grands leaders politiques noirs. Les figures marquantes de l’ANC étaient originaires du coin : Nelson Mandela, Walter Sisulu, Anton Lembede. Soweto fut le terrain des affrontements politiques au sein de la lutte anti-apartheid. Au début des années 1970, les écoles se multiplièrent, mais les conditions de travail étaient rudimentaires, les classes surchargées. La grogne commença à monter, et lorsque le gouvernement voulut imposer l’afrikaans comme langue à l’école, collégiens et étudiants manifestèrent vers la Orlando West Junior Secondary School. La police tenta d’arrêter le cortège, mais aux pierres des manifestants elle répondit par le feu. Le premier tué fut Hector Pieterson, un collégien de 13 ans. Le photo de l’enfant dans le bras d’un plus grand aux côtés de sa soeur en pleurs marqua les esprits. Soweto se rebella. De violents affrontements entre pouvoir banc et peuple noir démarrèrent. La marche arrière ne serait plus possible.

La rue où vécurent Nelson Mandela et Desmond Tutu est très fréquentée, tout comme le musée et le mémorial Hector Pieterson. Ce n’est que relativement récemment que les touristes foulent ces quartiers, et reçoivent un accueil positif et courtois des habitants ravis que l’on s’intéresse à leur histoire.

Soweto, une visite incontournable qui touche en plein coeur.

 

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2 réflexions sur “Soweto

  1. SANDRINE RAIS dit :

    Merci Céline, tu casses les murs de mon ignorance !

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