Amateurs, challengers… whatever !

 

Voilà un mois que nous sommes revenus de notre voyage dans le coin le plus fabuleux de la terre, dixit notre ministre de l’écologie, Nicolas Hulot. Le Botswana… Environ quinze ans que nous en rêvions, que j’avais mis de coté mon épargne salariale (oui, un jour j’ai eu un travail), et puis quand en y regardant de plus près on a compris que cinq jours là-bas coûteraient le prix d’une Austin Mini, (ou 2 m2 à Paris quand on y pense) on s’est dit qu’on renonçait. Mais ça c’était avant. Avant de venir vivre dans le pays des pros du camping, des géants de l’outdoor, des spécialistes des baby-trails, remorques, tentes sur le toit et autre gadget « spécial je voyage avec ma maison » en tout genre. Bref, avant de côtoyer des Sud-africains toujours prêts à partir explorer le bush à bon prix (ils laissent les lodges inabordables aux Européens) sans renoncer une seconde à leur confort.

Donc, nous sommes partis en convoi d’une douzaine de voitures (une vingtaine de Sud-Africians affables, ronfleurs et suréquipés en linge de lit, deux Australiens aussi démunis que nous – restriction aérienne oblige – et nos enfants) à travers les vastes plaines du Botswana et des zones désertiques de la bande de Caprivi. Je crois sans me vanter pouvoir dire qu’on les a bien distraits.

Heureusement une heure avant de retrouver le groupe avec lequel nous allions être en voyage de noce pendant dix jours, j’ai relu le programme du tour et constaté que tous les soirs, nous serions assis au coin du feu, sur des fauteuils safari (ceux avec accoudoirs et résille pour caler la bière)… que nous n’avions pas. In extremis, dans la ville de Letlhakane (à côté Clermont-Ferrrand fait figure de capitale européenne), nous avons dégoté le vendeur chinois de meubles/tv/tout à dix balles et fait son chiffre d’affaires de la semaine en lui prenant ni une ni deux tout son stock de fauteuils en nylon (4 pièces en fait). Cela nous a sauvé de l’humiliation générale.

Nos voisins de chambrées se sont révélés accueillants, majoritairement retraités et portés sur l’apéro. Nos enfants étaient les petits chéris, ils les trouvaient même très bien élevés (merci à la barrière de la langue). Et donc, très très bien préparés à un road trip qui nous ferait rouler, dix jours durant, 75h et 6 000 km.

Quand eux pilotaient sur les pans (anciennes mers desséchées) sans passer à travers la croûte de sel, nous devions être guidés par radio pour éviter l’ensablage (day 1), quand nous arrivions au camp pour nous installer, en moins de temps qu’il n’en fallait à mon fils pour trouver la seule prise du camping branchée sur du 220V capable de recharger son iPod ils avaient monté deux lits de camps avec couettes, oreillers en plume, table de chevet et descente de lit, quand à l’inverse le matin il nous fallait décamper à l’aube (la nuit même, 6am = 6 degrés, c’est bien simple) j’avais à peine mis un pied sale hors de la tente (ah oui, quand tu campes dix jours, tu renonces à une pédicure digne de ce nom) que tous leurs bagages étaient déjà triés, rangés, empilés, sous scellés dans le coffre xxl de la Toyota Super High Lux 12, quand ils gonflaient leur matelas en 3 secondes avec un compresseur nous nous faisions les muscles avec une banale pompe, et quand chaque matin ou presque on galéjait à faire entrer nos 17 sacs mous/de sport/plastiques dans le coffre, ils avaient déjà fait glisser leurs petites valises bien rectangulaires dans les rails de leur bakkie aussi grand qu’une capsule d’hôtel tokyoite prévus à cet effet.

Cette expérience fut une découverte géographique, mais aussi humaine et sociologique. Nous avons expérimenté qu’en Afrique du Sud il y a les Blancs (les Afrikaners) et les Blancs (les Anglais). À ma gauche, un quintal portant une doudoune, un bermuda camouflage et des tongs, amateur de rusks et coffee morning à 5h45, à ma droite, des discussions aussi raffinées que leurs apéritifs avec cheese platters. Des altérités mais aussi des points de ralliement : chaque soir, nous avions droit aux grâces (« vraiment ? même avant de manger une saucisse froide ? » ), énoncées par notre guide. Ce fut donc un vrai voyage du bout du monde, que je ne manquerai pas de partager en photos dès que j’aurai une connexion internet digne de ce nom. Mais ça c’est une autre histoire.

 

 

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5 réflexions sur “Amateurs, challengers… whatever !

  1. Yannick Lassalle dit :

    J’adore vos posts et vous lire le matin me met de bonne humeur pour la journée . Merci . Tres bien vue le road trip ….

  2. Rais dit :

    Mdr 😂😂

  3. […] bruits animaliers,  était tout simplement extra. Mais il fallait y être un minimum préparé (regarde un peu !) et aimer rouler : 75 heures au volant et 6 000 kilomètres de routes avalés […]

  4. golomer nathalie dit :

    J’adore !!!!! Peut être qu’un jour nous irons fouler vos pas ?

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