Archives de Tag: bush

Et découvrir le voyage immobile…

À l’heure où nous devons réapprendre à nous réjouir du quotidien et à voir les belles choses dans les petites, voyager immobile est une promesse d’ailleurs : en replongeant dans nos boîtes à souvenirs, en triant nos photos, on élargit notre ligne d’horizon (en laissant de côté au passage les cours de proportionnalité niveau collège, merci bien).
Cette ligne sur laquelle nous reverrons tous un jour de nos yeux le soleil se lever et briller haut pour des lendemains meilleurs. Aujourd’hui on ne bouge pas, le destin nous fige mais c’est en attendant l’élan qui reviendra plus fort après.
Ma petite avatar est très forte pour utiliser à la fois le retourneur de temps de Harry Potter et la DeLorean de Doc et m’envoyer illico presto dans des endroits qui ne riment pas avec confinement. Où le monde est plein de beauté et de bonté, et mes souvenirs intacts.
Première escale : le Marakale National Park en Afrique du Sud. Un parc au panorama rougeoyant, abritant les plus grands animaux d’Afrique, une montagne majestueuse surplombant une pièce d’eau où antilopes et éléphants viennent se rafraîchir.
Tout compte fait, malgré la frayeur éléphantesque, il n’était pas si mal ce confinement dans la tente de brousse.
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Kruger National Park

 

Le parc le plus connu d’Afrique du Sud, l’un des plus célèbres au monde… presque mythique ! En 1898, pour préserver la nature sauvage de la région, Paul Kruger, fraîchement élu président du Transvaal, décide de créer une réserve gouvernementale dans la région de la rivière Sabie. Long de 350 km pour 60 km de large, il comporte 2 500 km de routes et pistes. De quoi l’arpenter pendant des jours. C’est bien ce qu’il faut faire pour espérer voir les animaux en pagaille, car – c’est là le paradoxe – le parc est tellement grand que les bêtes ne se montrent pas à tous les coups. Il est facile d’être loin des routes et cachés dans le bush ou les paysages de savane. Pourtant, il y a du nombre ! 500 variétés d’oiseaux, 110 sortes de reptiles, 150 espèces de mammifères dont les fameux Big 5. Environ 37 000 buffles, 14 000 éléphants, 1 700 lions, 1 000 léopards. Le léopard, ce fantasme, seule raison qui motive encore mes enfants à faire des safaris. Donc nous n’aurons pas vu d’éléphants par milliers, des troupeaux de buffles ou des hordes de zèbres, mais des animaux plus inhabituels, comme la tortue léopard, les hyènes (je n’en avais jamais vues en Afrique du Sud) – dont celle dévorant un reste d’impala (d’une fraîcheur douteuse à en juger par l’odeur) sous les yeux du léopard spolié caché dans les fourrés, des babouins batifolant devant les girafes, des vautours, des calaos à bec jaune (Zazou, pour les fans du Roi Lion), des aigles, un martin-pêcheur pie, des chacals, un jabiru africain, des pintades de Numidie, un hibou planté sur la route lors du game drive nocturne…

L’intérêt résidait aussi dans les paysages, la terre chaude africaine, rouge, écrasée par 35 degrés, les camps faits de rondavels au toit de chaume, en adéquation avec la nature : Olifants est considéré comme le plus beau rest camp de par sa situation exceptionnelle en aplomb au-dessus de la rivière, Skukuza est plus fréquenté, dans le sud que l’on dit plus abondant en terme de faune. Leurs petits bungalows qui ne sont pas de première jeunesse mais font le job sont très prisés des Sud-Africains et dotés de terrasse, de coin cuisine basique mais ont tous un barbecue. CQFD.

En ressortant du parc, après quatre jours sur les routes, retour à une autre réalité : celles des villes africaines faites de bric et de broc, celles qui n’offrent aucune mixité raciale, seulement la vie au jour le jour de 80% de la population. L’Afrique du Sud, le pays du grand écart.

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Bush Break #6

 

À deux heures de Johannesburg, il y a cette étape merveilleuse, paisible et hors du temps : Zebras Crossing Lodge.

Un endroit tout doux, tout joli, entouré d’herbivores cools et de suricates mignons. Le personnel est aux petits oignons, un soin tout particulier est apporté à la décoration, la piscine est au pied des collines verdoyantes, les zèbres traversent effectivement sous nos yeux, les girafes pas farouches nous offrent la photo parfaite tandis que les enfants s’ébrouent dans l’eau au premier plan. Le game drive était extra, au coeur des montagnes et la pause Coca-Cola dominant la vallée et ses dams (pièces d’eau) une image de l’Afrique éternelle !

[ c’était l’instant kawaï ]

Avant d’atteindre ce nirvana, vous traverserez un dorp endormi (« bourgade » en afrikaans), Modimolle (l’ancienne Nylstroom, « Cours du Nil »), fondé par une secte séparatiste de Voortrekkers ayant quitté Le Cap avec la ferme intention d’atteindre la Terre Sainte. Ces illuminés parcourent plus de 1 700 km avec leurs chariots bâchés, quand ils aperçoivent ce qu’ils prennent pour une pyramide (un peu trop de schnaps, et hop ! on se croit à Kheops). Ils en concluent qu’ils sont arrivés en Égypte et que le fleuve qui coule à leurs pieds est le Nil. Ah, la vie sans Google Maps nous réserve décidément bien des tours.

Traverser Modimolle et sa grande rue c’est voir par un petit bout de la lorgnette un monde attaché au folklore et aux figures hautes en couleurs  – hors-la-loi, aventuriers, missionnaires et pionniers – qui ont façonné le pays.

 

 

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Amateurs, challengers… whatever !

 

Voilà un mois que nous sommes revenus de notre voyage dans le coin le plus fabuleux de la terre, dixit notre ministre de l’écologie, Nicolas Hulot. Le Botswana… Environ quinze ans que nous en rêvions, que j’avais mis de coté mon épargne salariale (oui, un jour j’ai eu un travail), et puis quand en y regardant de plus près on a compris que cinq jours là-bas coûteraient le prix d’une Austin Mini, (ou 2 m2 à Paris quand on y pense) on s’est dit qu’on renonçait. Mais ça c’était avant. Avant de venir vivre dans le pays des pros du camping, des géants de l’outdoor, des spécialistes des baby-trails, remorques, tentes sur le toit et autre gadget « spécial je voyage avec ma maison » en tout genre. Bref, avant de côtoyer des Sud-africains toujours prêts à partir explorer le bush à bon prix (ils laissent les lodges inabordables aux Européens) sans renoncer une seconde à leur confort.

Donc, nous sommes partis en convoi d’une douzaine de voitures (une vingtaine de Sud-Africians affables, ronfleurs et suréquipés en linge de lit, deux Australiens aussi démunis que nous – restriction aérienne oblige – et nos enfants) à travers les vastes plaines du Botswana et des zones désertiques de la bande de Caprivi. Je crois sans me vanter pouvoir dire qu’on les a bien distraits.

Heureusement une heure avant de retrouver le groupe avec lequel nous allions être en voyage de noce pendant dix jours, j’ai relu le programme du tour et constaté que tous les soirs, nous serions assis au coin du feu, sur des fauteuils safari (ceux avec accoudoirs et résille pour caler la bière)… que nous n’avions pas. In extremis, dans la ville de Letlhakane (à côté Clermont-Ferrrand fait figure de capitale européenne), nous avons dégoté le vendeur chinois de meubles/tv/tout à dix balles et fait son chiffre d’affaires de la semaine en lui prenant ni une ni deux tout son stock de fauteuils en nylon (4 pièces en fait). Cela nous a sauvé de l’humiliation générale.

Nos voisins de chambrées se sont révélés accueillants, majoritairement retraités et portés sur l’apéro. Nos enfants étaient les petits chéris, ils les trouvaient même très bien élevés (merci à la barrière de la langue). Et donc, très très bien préparés à un road trip qui nous ferait rouler, dix jours durant, 75h et 6 000 km.

Quand eux pilotaient sur les pans (anciennes mers desséchées) sans passer à travers la croûte de sel, nous devions être guidés par radio pour éviter l’ensablage (day 1), quand nous arrivions au camp pour nous installer, en moins de temps qu’il n’en fallait à mon fils pour trouver la seule prise du camping branchée sur du 220V capable de recharger son iPod ils avaient monté deux lits de camps avec couettes, oreillers en plume, table de chevet et descente de lit, quand à l’inverse le matin il nous fallait décamper à l’aube (la nuit même, 6am = 6 degrés, c’est bien simple) j’avais à peine mis un pied sale hors de la tente (ah oui, quand tu campes dix jours, tu renonces à une pédicure digne de ce nom) que tous leurs bagages étaient déjà triés, rangés, empilés, sous scellés dans le coffre xxl de la Toyota Super High Lux 12, quand ils gonflaient leur matelas en 3 secondes avec un compresseur nous nous faisions les muscles avec une banale pompe, et quand chaque matin ou presque on galéjait à faire entrer nos 17 sacs mous/de sport/plastiques dans le coffre, ils avaient déjà fait glisser leurs petites valises bien rectangulaires dans les rails de leur bakkie aussi grand qu’une capsule d’hôtel tokyoite prévus à cet effet.

Cette expérience fut une découverte géographique, mais aussi humaine et sociologique. Nous avons expérimenté qu’en Afrique du Sud il y a les Blancs (les Afrikaners) et les Blancs (les Anglais). À ma gauche, un quintal portant une doudoune, un bermuda camouflage et des tongs, amateur de rusks et coffee morning à 5h45, à ma droite, des discussions aussi raffinées que leurs apéritifs avec cheese platters. Des altérités mais aussi des points de ralliement : chaque soir, nous avions droit aux grâces (« vraiment ? même avant de manger une saucisse froide ? » ), énoncées par notre guide. Ce fut donc un vrai voyage du bout du monde, que je ne manquerai pas de partager en photos dès que j’aurai une connexion internet digne de ce nom. Mais ça c’est une autre histoire.

 

 

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Bush Break #2

dinokeng1 dinokeng2

Plutôt que de vous parler de comment j’ai dû graisser la patte d’une femme-maquerelle pour faire enregistrer ma voiture auprès des autorités sans faire la queue pendant cinq heures (expérience détestable, ça va de soi), je préfère partager des photos de la jolie réserve du Dinokeng, qui présente des avantages non négligeables : elle est à une heure et quart de route de Johannesburg, est la seule réserve du Gauteng avec les Big Five (Lion, Rhino, Buffle, Éléphant, Léopard), comporte de nombreux lodges dans lesquels déjeuner et profiter de la piscine, offre la possibilité de faire des game drives guidés ou en self-service… le tout sans avoir à débourser le prix d’une nuit sur place.

Une vraie immersion Into the wild à deux pas ou presque de la cité. Recommandé !

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