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Zangarna mon amour

Je n’aime rien de plus que cet endroit paisible, sauvage et beau ! Où l’on peut jouer au rugby sur 12 hectares (c’était avant de voir un cobra ramper sous les pilotis), faire des sauts dans la piscine face à l’horizon se perdant dans le bush, boire un verre devant un coucher de soleil sublime, confier ses vivres aux charmantes cuisinières qui en font des plats goûteux, dormir dans le silence de l’Afrique des grands espaces, regarder le calao jouer avec son copain, observer les boks qui broutent devant nos yeux, photographier les nyalas, admirer les cornes de l’hippotrague – futur trophée.

Je n’aime rien de plus que ce lodge de toute beauté, rien que pour nous, niché dans la beauté de la biosphère du Waterberg dans la province du Limpopo, j’ai nommé le Zangarna Game Lodge.

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On the (garden) route

 

 

 

 

 

 

Non, la Garden Route n’est pas une route côtière bordée de part et d’autres de roses, protées, strézilia (oiseaux de paradis) ou agapanthes. Plus « route » que « garden » et fleuron touristique du pays, cette région plébiscitée par les Sud-Africains est un authentique jardin à l’africaine : ni pelouses à l’anglaise, ni parterres à la française, mais un littoral déchiqueté frangé de forêts tropicales primaires et humides, de lagunes et de plages sauvages. Bienvenue dans le Wild Wild South !

À Wilderness, petite bourgade qui constitue notre première étape après avoir atterri à George, tout est paisible et immense : la plage, les arbres, les maisons, les rivières abondantes. Sous un ciel nuageux, on a peu l’impression d’être en Cornouailles. La moyenne d’âge aussi se hisse tout en haut. Point de clôtures, point d’animation déplacée mais une vie de quartier (autour des quelques restaurants et de la station-service du centre ville), autant d’éléments qui font du coin un endroit idéal pour passer sa retraite. À Knysna, même topo : des demeures nichées dans des collines à la végétation luxuriante bénéficiant tous les soirs de magnifiques couchers de soleil sur la lagune, des restaurants chaleureux sur le waterfront pour déguster poisson et fruits de mer font de cette petite ville fondée en 1804 par George Rex, riche homme d’affaires que l’on crut longtemps être un fils illégitime de George III d’Angleterre, un endroit tout doux. La vie s’écoule sans accroc ici. Ses habitants ne vivent pas dans le même pays que les gens de Johannesburg, vraiment ! À Plettenberg Bay, on prend nos habitudes au Look Out Deck, petit resto en bois dominant la plage où s’ébrouent les dauphins au large…

La Garden Route, c’est un parc national à la nature XXL, des sentiers de randonnées avec des panoramas de dingues, des vues sur la mer turquoise démontée, des chemins escarpés, traversant la forêt (ne pas penser aux serpents), des passerelles au-dessus du vide à emprunter, des rochers à escalader (Tsitsikamma, on ne t’oubliera pas de sitôt), Birds of Eden et ses oiseaux multicolores, Monkeyland et ses singes du monde entier (souvenirs du singe hurleur du Costa Rica !) – où l’on apprend enfin la différence entre monkey et ape (le premier a une queue, l’autre non), des routes que sillonnaient il y a deux siècles les éléphants du Cap qui avaient trouvé refuge dans les profondes futaies des environs de Knysna…

Vallées secrètes, montagnes majestueuses et forêts pluviales… un itinéraire tout en beauté.

 

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Un éléphant, ça trompe énormément

 

Parfois, la nature et la vie sauvage se rappellent à nous. Non, faire un safari n’est pas la même chose que visiter un zoo. Lorsqu’après quatre heures de route, nous sommes enfin arrivés au Marakele National Park, nous avons expérimenté le grand frisson.
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Au volant de ma voiture pour parcourir les 17 km qui séparent l’entrée du parc de notre camp, Tlopi Tented Camp, j’étais détendue dans la partie du parc qui n’abrite que les herbivores. Sont cools, ceux-là ! Ensuite, deuxième entrée à franchir après avoir actionné l’ouverture d’un portail électrifié (Jurassic Park style), pour pénétrer dans la partie Big 5. Me disant : « le truc que je n’aimerais pas, c’est tomber sur un éléphant. » Bingo !
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En voilà deux gros spécimens au milieu de la route, à moins de 100 mètres de nous. Mon sang ne fait qu’un tour. Tu te demandes en 3 secondes quoi faire : attendre qu’ils s’enfoncent dans les buissons du bas-côté et s’éloignent gentiment ou reculer parce qu’ils continuent leur chemin vers nous ? Rebrousser chemin s’impose : l’un des deux était visiblement contrarié par notre présence, et je ne suis pas sûre que son battement d’oreilles n’était que pour s’aérer. Donc, plein gaz sur la marche arrière, et là mon amie me dit :  » Attention, il y en a un autre derrière ! Il est énoooorme !  »  Donc, le coeur battant à 200 pulsations par minute, on patiente et les deux finissent par dégager le passage. On file, encore 4 km avant d’arriver au camp. Le chemin d’accès final est bien étroit (ouille, ce serait mieux de ne pas revoir Babar ici, et tiens ! la bouse à droite est bien fraîche, pensais-je négligemment). Nous voilà devant nos tentes, Cormoran et Heron, et sa vue imprenable.
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Ambiance de la brousse avec les grandes tentes en toile kaki et bois tout confort. Il était temps de sortir les bagages (jumelles et victuailles) pour préparer l’apéro et boire un verre pour célébrer la beauté du lieu – et nous remettre de nos émotions. Et là ! Un comité d’accueil hors du commun : un éléphant à la taille gigantesque broutait tranquillement devant la tente des amis.
Fascinant quelques instants, puis trouillomètre en ébullition : la bête ne part pas, s’approche, réagit au son de nos pas qui font craquer le parquet de la tente (oui, à ce stade, nous sommes plusieurs à nous replier à l’abri). Mon fils me dit : « On ne reviendra plus jamais ! Je me convertis pour prier » et encore « maman, tu diras que mes derniers mots sont « Je n’aime pas l’école ! ».
Le pachyderme finit par disparaître derrière la tente, mais il n’échappa pas pour autant à notre vue et vigilance : son arête dorsale était visible derrière la moustiquaire de la salle de bains de la tente dans laquelle nous étions réfugiés lorsqu’il entreprit de nous quitter en frôlant en douceur notre voiture. Un éléphant dans un magasin de porcelaine !
Bref, une arrivée mémorable, exceptionnelle dixit un ranger, pour profiter d’un endroit époustouflant de beauté et intemporel.
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Africa for ever !

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À table chez Fong !

 

« My home is your restaurant »

À Cuba, on mange du homard dans des paladares, restaurants limités à douze couverts chez l’habitant. À Johannesburg, on mange de la glace au maïs chez Su Yen, chef d’origine sino-africaine. Loufoque et créative, elle ouvre une fois par semaine les portes de sa maison de famille – sa terrasse plus exactement – qui, perchée sur les hauteurs du quartier résidentiel de Houghton, surplombe Joburg la verte et l’arbre du voyageur en contrebas. Ça grésille, ça frétille, ça flambe dans la poêle à frire. Elle nous prend par surprise avec les dix plats qu’elle mijote et a plaisir à nous faire découvrir tout au long de la soirée. D’une fois à l’autre on ne goûte jamais la même chose (no worries, pour la glace au Géant Vert donc).

Comme elle –  née à Hong Kong d’une mère chinoise et d’un père sud-africain d’origine écossaise, la cuisine de Su Yen est un mix ‘n match d’influences asiatiques et africaines. On trouve dans sa cuisine des baies de Goji, des fruits du dragon mais aussi de l’agneau, du boeuf, du poisson… l’inventivité et la folie culinaire savamment dosée de Su Yen font le reste. Outre le délice pour les papilles, dîner chez Fong est une expérience chaleureuse et originale. Mais patience ! La dame a du succès et la liste d’attente est longue. Tout vient à point à qui sait attendre.

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Bush Break #6

 

À deux heures de Johannesburg, il y a cette étape merveilleuse, paisible et hors du temps : Zebras Crossing Lodge.

Un endroit tout doux, tout joli, entouré d’herbivores cools et de suricates mignons. Le personnel est aux petits oignons, un soin tout particulier est apporté à la décoration, la piscine est au pied des collines verdoyantes, les zèbres traversent effectivement sous nos yeux, les girafes pas farouches nous offrent la photo parfaite tandis que les enfants s’ébrouent dans l’eau au premier plan. Le game drive était extra, au coeur des montagnes et la pause Coca-Cola dominant la vallée et ses dams (pièces d’eau) une image de l’Afrique éternelle !

[ c’était l’instant kawaï ]

Avant d’atteindre ce nirvana, vous traverserez un dorp endormi (« bourgade » en afrikaans), Modimolle (l’ancienne Nylstroom, « Cours du Nil »), fondé par une secte séparatiste de Voortrekkers ayant quitté Le Cap avec la ferme intention d’atteindre la Terre Sainte. Ces illuminés parcourent plus de 1 700 km avec leurs chariots bâchés, quand ils aperçoivent ce qu’ils prennent pour une pyramide (un peu trop de schnaps, et hop ! on se croit à Kheops). Ils en concluent qu’ils sont arrivés en Égypte et que le fleuve qui coule à leurs pieds est le Nil. Ah, la vie sans Google Maps nous réserve décidément bien des tours.

Traverser Modimolle et sa grande rue c’est voir par un petit bout de la lorgnette un monde attaché au folklore et aux figures hautes en couleurs  – hors-la-loi, aventuriers, missionnaires et pionniers – qui ont façonné le pays.

 

 

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